Faire une détox cosmétique (dermatite périorale)

detox cosmétique

Je reçois souvent de nombreuses réactions assez interloquées lorsque j’explique que pour soigner la dermatite périorale (DPO), il faut faire une détox cosmétique ! Effectivement, nous avons souvent l’habitude de « prendre quelque chose » pour soigner un mal. Cela n’est pas dans notre culture de laisser poser, ne rien faire…Or, pour certaines problématiques, c’est justement ce qu’il faut faire.

Qu’est-ce qu’une détox cosmétique ?

Une détox cosmétique consiste à ne plus utiliser de cosmétiques ou à en tout cas les réduire. Nous, majoritairement les femmes, sommes plongées dans un océan marketing féroce où le culte de la jeunesse motive la majorité des ventes de cosmétiques. Auparavant, nous entendions parler d’anti-rides, maintenant, nous avons les produits « anti-âge ». Nous sommes poussé(e)s à la consommation de produits cosmétiques pour lutter contre ci, lutter contre ça.

Alors, effectivement, certains « désagréments » et/ou « déséquilibres » peuvent être aider par des produits mais combien d’entre nous avons pu nous sentir juger lorsqu’une professionnelle de l’esthétique nous demande notre routine visage et que nous comprenons que « ce n’est pas assez ». Mais pas assez selon qui ? Nous, femmes, devons être parfaites, à la peau lisse, lumineuse, jeune, sans aspérité, comme les mannequins sur les pages glacées des magazines…Sauf que la peau n’est pas une toile sur laquelle nous pouvons tout déposer. Parce que la toile, plus elle est nourrie, mouillée, etc. plus elle se désagrège. Allons explorer un peu plus notre peau !

L’essentiel pour comprendre notre peau

Beaucoup d’entre nous n’avons pas conscience que notre peau est un organe.  Il s’agit même du plus grand organe du corps humain : elle représente 16 % de son poids total. Elle se compose de plusieurs couches de tissus :

  • L’épiderme, la couche superficielle,
  • Le derme, couche intermédiaire,
  • L’hypoderme, couche profonde.

Elle forme une barrière de protection de l’organisme contre le milieu extérieur, mais assure également d’autres fonctions vitales :

  • Fonction protectrice : L’une des principales fonctions de la peau est de protéger l’organisme des agressions extérieures. Avec ses annexes (poils, ongles…), elle forme une cuirasse contre les traumatismes directs (chocs, frottements) et contre l’action des agents chimiques. De plus, la peau empêche les tissus profonds d’être en contact avec une atmosphère ambiante qui les dessécherait très rapidement. La peau exerce également un rôle dans l’immunité car elle est capable de rendre compétents certains globules blancs, les lymphocytes T, spécialisés dans les défenses immunitaires.
  • Fonction de régulation : Grâce à un réseau complexe de petits vaisseaux, la peau est fortement impliquée dans la régulation de la température du corps.
  • Fonction sécrétoire :  Les glandes sudoripares produisent la sueur, libèrent de l’eau et des sels minéraux ce qui participe à la constance du milieu intérieur. De plus, ces glandes éliminent un certain nombre de déchets tels que des produits de dégradation de certains médicaments.
  • Fonction sensorielle : La grande variété des récepteurs nerveux qu’elle contient confère à la peau, une fonction sensorielle fondamentale. Ces récepteurs sensoriels répondent à différents stimuli comme le toucher, le froid, le chaud, la douleur…
  • Fonction de transmission : Sur le plan circulatoire, la peau a le pouvoir, grâce à son importante vascularisation, de jouer le rôle de réservoir sanguin, en stockant ou en libérant des quantités appréciables de sang.
  • Fonction psychologique : La peau joue un rôle psychologique car elle révèle nos émotions (rougissement des timides, par exemple) et notre santé (dermatoses dues au stress notamment). Ainsi, comme enveloppe vivante de notre corps, la peau participe à la communication entre les individus.

D’un point de vue chimique, la peau comprend en moyenne :

  • 70% d’eau,
  • 27,5% de protéines,
  • 2% de matières grasses,
  • 0,5% de sels minéraux et oligo-éléments.

Faire une détox cosmétique pour la dermatite périorale

Maintenant que nous savons que la peau est un organe, il faut avoir en tête qu’elle possède un certain « équilibre » de base. La peau est couverte de micro-organismes, champignons, etc. qui si tout va bien, sont là pour maintenir l’équilibre (comme dans notre intestin, par exemple). La DPO est un déséquilibre de la peau. La peau a été mise à mal par x ou y cosmétiques et elle réagit de manière inflammatoire (rougeurs, irritations)? en recrachant (c’est souvent l’image que je donne) via des boutons, pustules, etc. Donc rajouter de la crème ou des médicaments pour traiter le problème n’a aucun sens. Nous devons laisser la peau se régénérer naturellement, c’est-à-dire par elle-même. Pour vous faire un autre parallèle, si vous êtes tombé(e)s et que vous vous êtes écorchés la jambe, une croûte va se former. Si vous arrachez perpétuellement la croûte, votre blessure va avoir du mal à cicatriser et vous aurez probablement une cicatrice de ne pas avoir laisser votre peau tranquille. C’est un peu la même idée lorsque nous sommes confronté(e)s à la DPO.

La DPO se manifeste donc par une sur-consommation prolongée de cosmétiques. Elle se manifeste davantage sur les peaux à tendance sèche car nous les hydratons plus que nécessaire généralement. La DPO n’a rien à voir avec l’utilisation de maquillage. Il s’agit vraiment de comment nous traitons notre peau. En parallèle, la peau peut aussi être fragilisée avec certains ingrédients ou composants cosmétiques.

Pour vous partager mon expérience : avant de déclencher la DPO, je nettoyais ma peau matin et soir (avec un gel nettoyant). Je suivais généralement avec une lotion, sérum, crème hydratante et contour des yeux. En parallèle, chaque semaine, je réalisais un gommage et un masque.

Une fois que la DPO s’est manifestée, j’ai du TOUT arrêter. Pendant la période de crise, je n’avais le droit qu’à :

  • de l’eau thermale le matin,
  • du maquillage en poudre (pas de fonds de teint ou correcteur liquide),
  • du lait démaquillant doux pour nettoyer la peau le soir,
  • de l’eau thermale le soir.

Cela est très dur de passer de passer d’une routine à une autre – surtout dans un moment de détresse où notre visage (que nous ne pouvons pas cacher au monde) devient tout rouge, boutonneux, boursouflé, etc. Parce que dans notre inconscient collectif bourré de diktats, un peau avec des boutons veut dire peau sale. Alors que cela n’a rien à voir ! La peau va tirer, cela va être source d’un grand inconfort…mais je vous promets, je m’en suis sortie comme ça. Avec patience et persistance.

La détox cosmétique permet donc à la peau de se soigner, se régénérer. Si nous lui donnons encore « à manger », la crise de foie va continuer. Le processus demande plusieurs semaines car la peau travaille lentement avant que la couche externe ne soit complètement réparée. Pour aider à assécher ce côté presque purulent, mon dermato m’a conseillé les compresses de thé noir. Effectivement, le thé noir étant assez astringent et va donc permettre de resserrer et assécher les tissus afin de faciliter leur cicatrisation. Pour se faire, rien de plus simple : munissez vous d’un thé noir basique. Faites le infuser dans de l’eau chaude assez longtemps. Laissez-le refroidir. Plus le thé est noir, mieux c’est. Trempez-y des compresses stériles ou à défaut des cotons et laisser poser sur votre visage. Vous sentirez quasi immédiatement le côté apaisant sur la peau qui a tendance à « chauffer » avec l’inflammation.

Lors de cette détox cosmétique, la peau va passer par plusieurs étapes : rougeurs, boutons, démangeaisons…Il est nécessaire de tenir. Une fois que la peau commence à peler (pour certaines personnes), nous sommes sur la bonne voie. C’est comme un coup de soleil, finalement.

Une fois que la peau va mieux, il est important de ne pas retomber dans la consommation cosmétique que nous connaissions. En effet, la DPO est une maladie chronique. Si nous l’avons eu, nous pouvons l’avoir de nouveau. Un ajustement des soins sera nécessaire afin de respecter l’équilibre de la peau. Il pourra y avoir quelques rechutes. Cela m’est arrivé et m’arrive parfois mais ces rechutes restent assez localisé et je réagis au quart de tour pour éviter que les symptômes perdurent de trop. Néanmoins, même si l’inflammation demeure très localisée, le temps de rémission est parfois aussi long que lorsque tout le visage est touché.

Pour celles qui habitent Paris et qui me demande qui est mon dermatologue, je vous redonne ses coordonnées : Dr Eiko Hortig. Il ne fait que des remplacements dans différents cabinets parisiens. Je le vois près de Rambuteau au cabinet du Dr Vicart (il y est le vendredi) et le tarif est de 80€ la consultation.

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